Côte d’Ivoire: Les manifestants ne sont pas les seuls responsables des pillages

Côte d’Ivoire: Les manifestants ne sont pas les seuls responsables des pillages

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En Côte d’Ivoire, le mardi 19 juillet et les jours suivants ont vu le soulèvement des populations dans plusieurs villes du pays notamment Yamoussoukro (centre) et Daloa (ouest) Bouaké (centre) pour protester contre la surfacturation de l’électricité. Ces mouvements ont malheureusement débouché sur des pillages des agences locales de la CIE (compagnie ivoirienne d’électricité). Il n’en fallait pas plus pour irriter certains observateurs et internautes de réseaux sociaux, qui dirigèrent toute leur colère contre les manifestants qu’ils qualifièrent de barbares et de voyous.

Je comprends parfaitement leur indignation. Mais je me demande s’il faut vraiment en vouloir à ces foules en colère qui manifestent de façon spontanée ? Je ne pense pas. C’est le gouvernement qu’il faut surtout blâmer. Il empêche depuis plusieurs années l’organisation de manifestations de contestation. Pour exemple, lorsque les étudiants pointent du doigt le manque de matériels dans les amphis et les facultés de médecine de pharmacie et veulent manifester, ils sont soit accusés de servir les intérêts d’une certaine opposition dont l’objectif serait de renverser le gouvernement soit ils sont tout simplement tabassés par la force publique à la solde du gouvernement. Il cherche à créer un sentiment d’inquiétude afin de librement appliquer des mesures impopulaires.

Aussi la société civile qui devrait jouer un rôle de contre-pouvoir en étant la voix des populations indignées est composée de membres à double casquette dont l’une est celle du militant politique. On a l’impression qu’ils représentent les intérêts de leurs partis au sein des associations apolitiques et mouvements de lutte sociale.

Evidemment, la population qui ne peut exprimer son désarroi, se sent malmenée sous le poids des augmentations des denrées alimentaires, de l’électricité, de l’eau. Elle constate dégringoler amèrement son pouvoir d’achat au fur et à mesure et assistent à la dégradation de sa vie. Alors, lorsqu’elle a une petite occasion d’exprimer son mécontentement, elle y va. Et sans avoir préparé son coup, elle va manifester. Comment va-t-elle manifester ? Violemment ou pacifiquement ? Elle n’en sait rien mais elle va le faire. Dans ces conditions, il y a des risques évidents de casses, pillage, d’actes de violence. C’est pourquoi il est impératif que le gouvernement autorise toutes les manifestations de protestation afin d’éviter les débordements. Il doit garantir les droits de réunion et de manifester comme le stipule l’article 11 de la constitution ivoirienne, en s’appuyant sur la force publique qui jouera un rôle d’encadrement afin de protéger les manifestants eux-mêmes, les lieux publics et biens privés. Ainsi, cette force publique ne serait pas présente contre la manifestation mais plutôt pour permettre son bon déroulement, prévenir les pillages.

Alors les manifestants pourront clairement s’exprimer sur les politiques du gouvernement et en fonction de leur nombre et influence le faire fléchir ou pas. De sont côté, le gouvernement entendra mieux les revendications et tout le monde y gagnerait et il n’y aura pas de violence.

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